Tiffany & Co. en quête de plus de transparence pour ses diamants



Le Tiffany Diamond, le diamant jaune le plu célèbre au monde, taille coussin de 128,54 carats avec un record de 82 facettes.


Nul besoin de faire l’éloge et la notoriété de la fameuse marque de joaillerie de luxe Américaine Tiffany & Co, fondée en 1837 par Charles Lewis Tiffany et John B. Young à New-York. Tiffany’s s’est rapidement imposée comme la marque de joaillerie par excellence aux États-Unis. Iconique et prisée des stars hollywoodiennes, notamment grâce à Audrey Hepburn, qui la rend mythique avec le film « Breakfast at Tiffany’s », la maison de luxe ne cesse de grandir et dicte ses propres codes. L’ambition de Tiffany & Co est immense. L’éthique, le respect et la protection des Droits de l’Homme et de l’Environnement est alors au coeur des préoccupations du diamantaire qui trône sur la prestigieuse Cinquième Avenue.


C’est une nouvelle étape pour Tiffany & Co qui avait annoncé l’an dernier son désir de plus de transparence pour ses clients, concernant la provenance de ses diamants. Le joaillier américain, toujours en négociation de rachat avec le groupe de luxe Français LVMH, délivrera dans quelques mois à peine, à l’automne prochain, ses premiers certificats d’authenticité de diamants, présentant la région ou le pays d’origine dont ils proviennent. La maison estime qu’il est naturel d’apporter des réponses à des clients de plus en plus exigeants et concernés par les problématiques environnementales et sociétales. Offrir les informations relatives à la traçabilité des diamants est aussi la suite logique pour Tiffany & Co, qui s’engage depuis plusieurs années pour lutter contre les abus dans le secteur. Mauvaises conditions de travail dans les mines, exploitation des travailleurs et des enfants, sur-exploitation des mines et dégradation de l’environnement ne sont qu’un aperçu des dégâts que l’industrie du diamant peuvent causer.


Grâce à l’initiative « Diamond Source », Tiffany sera en mesure de dire de quelle région et de quel pays chaque diamant nouvellement acquis et individuellement enregistré provient. Cela permet de rassurer les clients et d’assurer que les diamants offerts par Tiffany sont obtenus de manière responsable sur le plan social et environnemental. L’objectif n’est pas seulement dire aux clients d’où ces pierres précieuses proviennent, mais aussi d’informer sur l’endroit où le diamant est taillé, poli, traité et monté.


Tiffany and Co définit cinq étapes consécutives primordiale à la bonne exécution, dans leur quête de transparence. D’abord le sourcing des pierres se fera auprès des mines partenaires, situées dans les différents sites d’approvisionnement. La préparation, deuxième étape cruciale, réalisée à Antwerp, consiste à enregistrer et cartographier chaque pierre selon leurs caractéristiques. Les diamants sont ensuite envoyés dans l’un des cinq laboratoires du joaillier afin d’être taillés et polis, puis sont soumis à un contrôle de qualité rigoureux, dans le « Tiffany Gemological Laboratory » à New-York, au Cambodge ou au Viêtnam. Enfin, les pierres sont montées par les artisans experts, dans les ateliers de manufacture de la marque, afin de donner vie aux somptueuses créations du joaillier américain.



Taille et polissage d'un diamant dans le laboratoire de Maurice.


Cela est rendu possible, car Tiffany est le seul joaillier au monde à posséder ses propres ateliers de traitement de diamants, regroupant ainsi l’expertise de plus de 1500 artisans, dont la mission est de s’assurer que les pierres sont de la plus haute qualité, en améliorant la brillance, la dispersion et le scintillement des diamants. Ses cinq laboratoires sont situés à Maurice, au Botswana, au Cambodge, à Antwerp et au Viêtnam. Tiffany & Co possède également le « Tiffany Gemological Laboratory » à New-York et cinq autres ateliers de confection des bijoux en Amérique du Nord. Le joaillier est alors en mesure de garantir le respect de ses engagements.

Tiffany s’engage donc à 100 % de transparence pour les diamants nouvellement acquis, provenant de plusieurs pays tels que le Brésil, le Botswana, le Cambodge, l’Australie, le Canada, la Russie, l’Afrique du Sud…



Création de ce collier Tiffany & Co, Haute Joaillerie, à l’occasion de l’exposition « Vision & Virtuosity » pour célébrer les 180 ans de création de la maison, à Shanghai, Septembre 2019.


Tiffany s’engage aussi à ne plus s’approvisionner en diamants dont l’origine est inconnue, même lorsqu’il s’agit de diamants responsables. L’objectif pour Tiffany est d’impacter positivement les communautés qui l’entourent, partout dans le monde, tout au long de la chaîne d’approvisionnement de diamants. Pour preuve, Tiffany à embauché 99 % des employés du secteur manufacturier international, composé de 4 000 artisans. La maison Américaine a aussi apporté 59 millions de dollars d’avantages économiques à l’économie du Botswana en 2018.


Par ailleurs, Tiffany & Co. tient à aller toujours plus loin et surpasser le Processus de Kimberley, en ne se limitant pas seulement à éliminer les conflits liés aux diamants, mais aussi en protégeant les Droits de la personne et de l’environnement. Grâce au protocole « Diamond Source », Tiffany exige de la part de ses fournisseurs de ne s’approvisionner en diamants que dans des mines où les Droits de l’Homme sont respectés.

En 2006, Tiffany & Co a participé au lancement de l’initiative pour les mines responsables et est également membre fondateur du « Responsible Jewellery Council ».

Victoria Cellun